
Au Moyen Âge, Stia s’est développée comme « marché » de la Comté de Porciano et résidence d’une branche des Comtes Guidi dits « di Palagio » pour rappeler la construction, réalisée en 1230, d’une somptueuse demeure sur les rives du torrent Staggia, appelée justement le Palagio. Autour de cet édifice impressionnant s’est développé un nouvel ensemble qui s’ajouta au village déjà existant en amont, dénommé Stia Vecchia. Les Comtes Guidi « di Palagio » conservèrent la possession des terres de Stia jusqu’au siège auquel le bourg fut soumis par la République Florentine (1402).
Par la suite, l’histoire de Stia resta longtemps liée à celle de Florence, d’abord aux Médicis, puis aux Habsbourg-Lorraine. La commune, qui comptait 2 901 habitants en 1840, connut un grand développement grâce au travail de la laine qui fit de Stia un centre de production majeur. C’est ici que naquit le célèbre tissu « casentino ». Dans les premières années du XXe siècle, près de 500 ouvriers travaillaient à la Manufacture de laine de Stia. Le village, qui avait grandi au son de la sirène de l’« usine », a connu différentes périodes de prospérité et a certainement souffert de la fermeture de ce grand établissement textile.
Aujourd’hui, Stia, qui a identifié le tourisme comme nouveau moteur de croissance, est un village où le passé et le présent, le progrès économique et la protection de l’environnement, les traditions et l’histoire s’allient harmonieusement.
Les mémoires historiques concernant Porciano remontent à l’an mil ; il est en effet mentionné dans un document de 1017 comme résidence du Comte Guido de Teudegrimo, fondateur de la branche des Comtes Guidi de Porciano, ce qui nous permet de considérer le château comme l’une des premières résidences de la puissante famille casentinienne.
Plus de deux siècles plus tard, à partir de 1288, le château appartint au célèbre Comte Tegrimo qui, après la bataille de Campaldino, s’était retiré ici et se livrait à l’assaut et au vol des malchanceux voyageurs et marchands qui passaient près du château. Il existe une preuve de ce « noble métier » dans une condamnation de 1291 à payer 10 000 florins d’or au Podestat de Florence pour avoir dérobé un marchand d’Ancône.
Le successeur de Tegrimo fut le Comte Guido Alberto de Porciano, également condamné par la Seigneurie Florentine pour avoir participé à une conjuration en vue de la renverser. Le 20 mars 1349, le château passa sous le contrôle de la Commune de Florence quand le dernier Comte de Porciano, Ludovico, revêtit l’habit monastique, abandonnant tous ses biens terrestres.
Comme dans bien d’autres lieux casentiniens, Porciano conserve de nombreuses mémoires liées, bien que non historiquement prouvées, à Dante Alighieri. La tradition raconte qu’en 1311 le poète se rendit pour la première fois à Porciano pour persuader les Comtes Guidi, qui s’étaient toujours opposés aux Guelfes florentins, de soutenir l’Empereur Henri VII, récemment couronné, et de l’inciter à prendre ouvertement le parti gibelin.
C’est de Porciano que partirent deux célèbres lettres de Dante. La première, du 31 mars 1311, destinée aux Florentins, pleine de ressentiment après l’exil auquel il avait été condamné, les invitant à se soumettre à l’Empereur. La seconde, du 16 avril de la même année, à l’Empereur pour le pousser à écraser de force Florence elle-même. Les choses ne se sont pas déroulées comme prévu ; les Comtes Guidi n’ont pas honoré leurs promesses de fidélité envers l’Empereur, et le poète immortalisa son mépris pour les traîtres dans le XIVe chant du Purgatoire de la Divine Comédie. Cela provoqua la vengeance des Guidi qui emprisonnèrent Dante dans l’une des salles de Porciano.
Une autre légende concernant le château est celle de la présence, entre ses murs, d’un trésor : une cloche tout d’or qui « vaut autant que toute la Casentine ».
La puissante Tour-Palais de Porciano, dotée encore de ses créneaux guelfes, la plus haute de Casentine avec ses 35 mètres et six étages, s’élève parmi les vestiges de l’enceinte fortifiée, deux tours, celle occidentale transformée en campanile de l’église du village, et deux portes, l’une au nord et l’autre au sud.
Les ruines du château ont commencé à se dégrader au XVIe siècle, en même temps que se développait le village de Stia, situé en aval, bien plus commode pour le commerce. Les vestiges de la fortification ont connu aussi la déchéance d’être destinés à un usage agricole. Comme le château voisin de Romena, Porciano devint au XIXe siècle la propriété des comtes Goretti dè Flamini qui en entreprirent la restauration. Sur le site ont été menées des recherches archéologiques qui ont permis de récupérer des vestiges permettant de reconstituer les phases de développement du château.
Il a également été possible de reconstituer le complexe système de canalisation des eaux qui, depuis le toit de la tour, étaient dirigées vers la citerne principale de la cour du château ainsi que vers une plus petite à l’intérieur de la tour elle-même pour l’usage potable. Après les derniers travaux, achevés en 1978, les vestiges sont bien entretenus et sont aujourd’hui ouverts au public ; la tour accueille aussi un appartement résidence des propriétaires et un petit musée des vestiges découverts dans la région.
En regardant ce château de dimensions modestes, il peut sembler presque impossible que son importance ait été considérable au Moyen Âge. Pourtant la « cour » de Porciano était fréquentée par des chevaliers, des nobles et des ambassadeurs, les marchands en provenance de l’est devaient passer sous ses murs pour se rendre à Florence, et un Empereur fondait ses espoirs d’alliance sur elle pour soumettre la puissante Seigneurie Florentine.
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