Florence

Campanile de Giotto

Guide complète du Campanile de Giotto à Florence : histoire, bas-reliefs, panorama du sommet, tarifs actualisés, horaires et conseils pour éviter les files d'attente.

À 84,7 mètres de hauteur, le Campanile de Giotto est l’un des points de vue les plus spectaculaires de Florence et l’un des chefs-d’œuvre absolus de l’architecture gothique italienne. Construit entre 1334 et 1359, il jouxte la Cathédrale de Santa Maria del Fiore sur la plus célèbre place de la ville, formant avec le Baptistère l’un des ensembles monumentaux les plus photographiés au monde. Pourtant son auteur, Giotto di Bondone — peintre de génie considéré comme le père de la peinture occidentale — n’a jamais vu son œuvre achevée : il est mort en 1337, alors que seul le premier étage avait été terminé.

Le campanile porte le nom de Giotto mais a été réalisé au cours de plus de vingt-cinq ans par trois maîtres différents, chacun ayant laissé une empreinte stylistique reconnaissable. Le résultat est une tour extraordinairement harmonieuse, revêtue de marbres blanc, vert et rose extraits des carrières toscanes, décorée d’un cycle de bas-reliefs constituant une véritable encyclopédie du savoir médiéval sculpté dans la pierre. Gravir ses 414 marches, traverser les trois loges panoramiques intermédiaires et atteindre la terrasse sommitale offre l’une des expériences visuelles les plus mémorables que Florence puisse offrir à un visiteur.

Que voir au Campanile de Giotto

La visite du campanile ne se résume pas au panorama depuis le sommet : chaque étage offre des points d’intérêt majeur, de la décoration externe aux vues intermédiaires sur la coupole et la ville. Il convient de monter sans hâte, de s’arrêter aux loges et d’observer les détails que de nombreux visiteurs ignorent dans leur empressement à atteindre le sommet.

Le revêtement en marbre et la décoration externe

La première chose qui frappe au Campanile de Giotto est le revêtement en marbre tricolore : blanc de Carrara, vert de Prato et rose de Sienne, les mêmes matériaux utilisés pour la Cathédrale et le Baptistère, qui créent un effet de chromatisme extraordinaire et de cohérence visuelle. Les marbres ne sont pas appliqués à plat mais travaillés pour former des motifs géométriques raffinés — losanges, encadrements dentellés, champlevés — qui se multiplient de registre en registre.

La tour est divisée horizontalement en cinq étages superposés, délimités par des corniches saillantes qui scandent le rythme vertical de la structure. Les deux premiers étages sont aveugles — sans ouvertures — et concentrent toute la force décoration dans les bas-reliefs du soubassement. Les étages supérieurs s’ouvrent en revanche par des baies géminées et trilobées en arc aigu qui allègent progressivement la masse murale vers le sommet, créant une élégante tension ascensionnelle. De bas, l’effet d’ensemble est de solidité et d’élan à la fois : une synthèse rare dans l’architecture gothique italienne.

Les bas-reliefs du soubassement

Le cycle de bas-reliefs qui orne la base du campanile est l’un des programmes iconographiques les plus complexes et fascinants du Trecento italien. Il y a 54 reliefs hexagonaux, distribués sur trois des quatre côtés de la base, qui représentent les Arts et les Œuvres de l’Homme selon la classification médiévale du savoir : de la chasse à l’élevage, de la navigation à l’astronomie, de la musique à la médecine, de la menuiserie au tissage. C’est comme feuilleter une encyclopédie médiévale sculptée dans le marbre.

Les reliefs que l’on voit aujourd’hui sur le campanile sont des copies : les originaux, d’une qualité extraordinaire, sont conservés au Musée de l’Œuvre du Duomo, où il est possible de les admirer de près dans toute leur finesse d’exécution. Les panneaux du côté ouest et en partie du côté nord ont été réalisés par Andrea Pisano vers 1337-1341 ; ceux du côté est par Luca della Robbia, achevés vers 1437-1439. La qualité d’exécution varie mais le programme iconographique est unitaire, conçu à l’origine par Giotto et resté substantiellement inchangé.

Autour des reliefs hexagonaux court une série de 28 reliefs losangés (losanges), ajoutés par Andrea Pisano au deuxième registre, qui représentent les Planètes, les Vertus, les Arts libéraux et les Sacrements. Avec les reliefs hexagonaux, ils composent un système symbolique qui décrit l’univers physique, moral et spirituel de l’homme médiéval.

Les statues dans les niches

Au deuxième étage de la tour s’ouvrent seize niches gothiques qui abritent des statues grandeur nature représentant des rois, des patriarches et des prophètes de l’Ancien Testament. Comme pour les bas-reliefs, les sculptures visibles dans les niches sont des copies : les originaux — parmi lesquels se distinguent les prophètes de Donatello, notamment le célèbre Habacuc surnommé « lo Zuccone » pour sa tête chauve — se trouvent au Musée de l’Œuvre du Duomo, où ils forment l’un des groupes sculpturaux les plus importants de la Renaissance florentine.

Les statues de Donatello pour le campanile, exécutées entre 1415 et 1436, représentent un moment crucial dans l’histoire de la sculpture occidentale : le réalisme psychologique, l’individualité des visages, la tension des corps anticipent de décennies les solutions de la Renaissance mature. Même sans pouvoir voir les originaux de l’extérieur, la vision des niches vides ou avec les copies suggère l’échelle monumentale du programme décoration original.

Les loges panoramiques intermédiaires

En montant les 414 marches de la tour, on rencontre trois loges panoramiques qui permettent de s’arrêter, de reprendre son souffle et de jouir de vues partielles sur la ville à différentes hauteurs. Il ne s’agit pas de simples fenêtres mais de véritables belvédères ouverts sur le périmètre de la tour, où il est possible de s’appuyer et de regarder dans toutes les directions.

La première et la deuxième loge offrent des vues rapprochées sur la façade de la Cathédrale et sur les toits du centre historique florentin, avec une perspective inhabituelle que l’on rencontre rarement dans les photographies de Florence. La troisième loge, peu en dessous du sommet, permet déjà de voir la ville dans toute son extension et de commencer à distinguer les monuments principaux : le Baptistère, Palazzo Vecchio avec sa tour, la basilique de Santa Croce, les collines de Fiesole en arrière-plan. C’est aussi le point où le vent commence à se faire sentir plus nettement, un détail qui rend la montée physiquement perceptible.

La terrasse sommitale et le panorama

La terrasse panoramique au sommet, à 84,7 mètres d’altitude, est le point d’arrivée de la visite et l’un des plus beaux points d’observation de Florence. Le panorama à 360 degrés embrasse l’ensemble de la ville, les collines environnantes et, par temps clair, les profils de l’Apennin au nord et des collines du Chianti au sud.

La vue la plus extraordinaire est celle sur la Coupole de Brunelleschi : depuis le campanile, on voit la coupole d’en haut, ce qui permet d’observer son tambour octogonal avec les fenêtres oculi et d’apprécier la structure de la lanterne de manière différente de tout autre point de la ville. C’est une perspective que même Piazzale Michelangelo ne peut offrir, car de là la coupole se voit de loin et en position latérale, tandis que depuis le campanile on l’observe presque de l’intérieur du périmètre de la Cathédrale. Pour les photographes et les amateurs d’architecture, cette vue est le véritable atout de la montée au campanile par rapport aux autres belvédères florentins.

Les cloches

Le campanile abrite sept cloches liturgiques actives — Campanone, La Misericordia, Apostolica, Annunziata, Mater Dei, L’Assunta et L’Immacolata — plus cinq cloches historiques désaffectées. La Campanone, la cloche la plus grande et la plus lourde, est celle que l’on entend le plus distinctement dans le centre historique et qui marque les heures du rituel liturgique de la cathédrale. En passant près du plan des cloches lors de la montée, aux heures où elles sonnent, il est possible de ressentir la vibration de la pierre — une expérience sensorielle que très peu de visiteurs attendent et qui reste inoubliable.

Histoire du Campanile de Giotto

L’histoire du campanile commence en 1334, quand la République de Florence confia la direction du chantier de la Cathédrale à Giotto di Bondone, déjà célèbre comme peintre mais nommé capomastro des œuvres publiques de la ville. Giotto avait alors environ soixante-dix ans et se lança avec énergie sur le projet du campanile, réalisant les dessins de la tour et supervisant la construction du premier étage avec ses bas-reliefs. Quand il mourut en janvier 1337, seul le soubassement était achevé : la tour qui porte son nom existait à peine depuis une dizaine de mètres.

Le chantier passa à Andrea Pisano, sculpteur pisan déjà connu pour les portes en bronze du Baptistère, qui poursuivit la construction jusqu’à l’interruption causée par la Peste Noire de 1348. Pisano ajouta le deuxième et le troisième étages, exécuta les reliefs losangés et modifa probablement certains détails du projet original de Giotto. Quand la peste décima la ville et les chantiers s’arrêtèrent, la tour atteignait environ la moitié de la hauteur actuelle.

La construction reprit dans les années 1350 du Trecento sous Francesco Talenti, qui acheva la tour en 1359 en apportant des modifications substantielles au projet original. La plus importante fut la décision de renoncer à la flèche que Giotto avait prévue pour couronner le sommet : selon les plans originaux le campanile aurait dû atteindre environ 122 mètres de hauteur, mais Talenti s’arrêta aux actuels 84,7 mètres avec une terrasse ouverte. Un choix qui modifia radicalement la silhouette de la tour mais qui, rétrospectivement, en accentua la solidité et l’équilibre visuel. Talenti élargit aussi les fenêtres des étages supérieurs, transformant les baies géminées de Pisano en baies trilobées plus élancées et lumineuses.

L’ensemble du complexe de la Piazza del Duomo — Cathédrale, Campanile et Baptistère — a été déclaré Patrimoine de l’Humanité UNESCO en 1982, dans le cadre de la reconnaissance du centre historique de Florence. Le campanile est géré par l’Opéra de Santa Maria del Fiore, qui en assure l’entretien et la mise en valeur avec les autres monuments du complexe.

Un détail peu connu : la position du campanile n’est pas due au hasard. Giotto l’aligne avec la façade de la cathédrale plutôt que de le placer sur le côté, un choix étudié pour valoriser l’indépendance formelle de la tour et pour ne pas obstruer la vue de la future coupole — qui à l’époque n’avait pas encore été construite mais était déjà planifiée. Une vision prospective clairvoyante qui démontre comment Giotto était, outre un peintre extraordinaire, un architecte capable de réfléchir sur la ville dans son ensemble.

Tarifs d’entrée

Le Campanile de Giotto n’a pas de billet séparé : l’accès est inclus dans les pass cumulatifs gérés par l’Opéra de Santa Maria del Fiore, qui comprennent aussi les autres monuments du complexe. Le pass principal incluant le campanile est le Giotto Pass, qui donne accès au Campanile, au Baptistère de San Giovanni, au Musée de l’Œuvre du Duomo et à la Crypte de Santa Reparata. Ceux qui souhaitent aussi visiter la Coupole de Brunelleschi doivent acheter le Brunelleschi Pass, qui inclut tous les monuments du Giotto Pass plus l’accès à la coupole.

Horaires d’ouverture et durée de visite

Le Campanile de Giotto est ouvert tous les jours, avec des horaires qui varient légèrement selon la saison : approximativement de 8h15 à 18h45 avec dernier accès environ 40 minutes avant la fermeture. Les horaires peuvent subir des variations à l’occasion d’événements religieux, de maintenances extraordinaires ou de fêtes particulières.

La montée demande environ 45 à 60 minutes pour ceux qui souhaitent profiter des loges intermédiaires à leur rythme et s’arrêter quelques minutes au sommet. Ceux qui montent et descendent sans pause imploient moins, mais perdre les vues intermédiaires serait dommage. Les 414 marches sont disposées en rampes droites — non en spirale — et la montée, bien qu’elle demande un bon effort physique, est faisable par des personnes en bonne santé. Il n’y a aucun ascenseur, et la montée est déconseillée à ceux qui souffrent de problèmes cardiaques ou respiratoires, de vertiges, de claustrophobie ou qui sont enceintes.

Le meilleur moment pour visiter le campanile est le début de matinée, dès l’ouverture, quand les files d’attente sont moindres et l’éclairage favorable pour les photographies vers l’est. Sinon, la fin d’après-midi les jours d’été offre une lumière chaude et rasante qui exalte les marbres de la façade de la Cathédrale vus d’en haut. Évitez les heures centrales de la journée en juillet et août, quand la queue et la chaleur rendent l’expérience moins agréable. Les jours de semaine sont généralement moins fréquentés que les week-ends.

Comment se rendre au Campanile de Giotto

Le Campanile de Giotto se trouve en Piazza del Duomo, au cœur du centre historique de Florence, dans une zone à circulation limitée accessible à pied depuis la plupart des hôtels du centre. L’accès à la tour se fait par la Porta del Campanile, sur le côté sud de la Cathédrale.

De la Gare de Santa Maria Novella, on marche en environ 10-12 minutes via Via de’ Cerretani et Via dei Martelli. Sinon, les lignes de bus C1 et C2 (lignes du centre historique) s’arrêtent à proximité de la Piazza del Duomo, tout comme les lignes 6, 11, 14 et 23. Le tramway T1, avec arrêt Alamanni près de la gare, permet de rejoindre le centre à pied en quelques minutes. Avant d’accéder au campanile, il est obligatoire de déposer les grands sacs à dos, les valises et les sacs volumineux au consigne à bagages disponible en Piazza Duomo 38/r, adjacent à l’entrée du Musée de l’Œuvre du Duomo.

Informations utiles

Adresse

Piazza del Duomo, 43°46'22"N 11°15'20"E, 50122 Firenze FI, Italy

Contacts

TEL: +39 055 230 2885

Horaires

  • Lundi: 08:15 - 18:45
  • Mardi: 08:15 - 18:45
  • Mercredi: 08:15 - 18:45
  • Jeudi: 08:15 - 18:45
  • Vendredi: 08:15 - 18:45
  • Samedi: 08:15 - 18:45
  • Dimanche: 08:15 - 18:45

Où se trouve Campanile de Giotto

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