Abbaye de Sant’Antimo

L'abbaye de Sant'Antimo existait cependant en 814, comme l'atteste un diplôme de Louis le Pieux qui enrichit l'Abbaye de dons et de privilèges.

Aucune image, aucune vidéo, aucune visite virtuelle ne peut encore remplacer et reproduire le charme identique de ce lieu. L’enchantement est total et l’harmonie avec laquelle les géométries architecturales de l’abbaye s’intègrent au paysage dépasse toute comparaison.

La façade, restée inachevée, présente un portail, probable solution de repli à un projet qui en prévoyait deux, surmonté d’un linteau datable à la première moitié du XIIe siècle et de chapiteaux, frises et voussures de peu postérieurs. L’élément qui confère le plus à cette église une empreinte française est le schéma basilical avec déambulatoire à chapelles rayonnantes, unique en Toscane et parmi les très rares présents en Italie.

Le matin, le soleil joue avec la pierre qui dans le déambulatoire est la plus précieuse parmi toutes celles utilisées pour l’église : albâtre et travertin, avec lesquels sont réalisés chapiteaux et colonnes. Longue de 44 mètres, l’église est gardée à l’entrée par deux lions stylophores, probablement destinés au portail externe, datables au XIIe siècle et attribués au Maître de Cabestany comme le magnifique chapiteau avec les scènes de « Daniel dans la fosse aux lions ».

Les raffinés motifs phytomorphiques et géométriques, précis dans le dessin et nets dans la taille, dénoncent une matrice à rechercher en France, en Auvergne. Cependant, d’autres chapiteaux situés dans le déambulatoire présentent un caractère lombard, ce qui rend plausible l’hypothèse que à Sant’Antimo aient travaillé deux équipes de maîtres, une française et une, peut-être pavaise, ou qu’il s’agisse d’une unique équipe lombarde qui avait séjourné en Auvergne.

À droite de l’église majeure, placée au début du déambulatoire, se trouve la chapelle carolingienne des VIIIe-IXe siècles, un petit édifice à nef unique rectangulaire, avec abside semi-circulaire. Sur le côté externe gauche s’élève l’imposant campanile haut d’environ 30 mètres. Divisé en quatre ordres, décoré de pilastres, avec des ouvertures à simple et double baie, il est de style lombard avec une touche pisane pour les colonnes aux angles de la base. Le campanile a une couverture en terrasse, sur laquelle sont placées deux cloches, dont l’une porte gravés le nom de l’abbé Hugo (1216-1222) et la date 1219. L’abside de la grande église, synthèse de puissance et d’élan, culmine avec une délicieuse baie géminée, l’unique qui l’illumine entièrement.

Histoire

La tradition, assez fiable, veut que Charlemagne en 781, de retour de Rome le long de la via Francigena, transitât par le mont Amiata avec sa cour et son armée. Beaucoup furent frappés par la peste et, pour arrêter le fléau, l’empereur fit un vœu et fonda l’Abbaye.

Sant’Antimo est donc un Ex voto impérial. Selon d’autres historiens, la fondation remonte aux Lombards comme celle de San Salvatore sur l’Amiata. On n’exclut pas non plus qu’une villa romaine ait existé au lieu dit, et on sait avec certitude qu’aux IVe-Ve siècles Castelnuovo dell’Abate était un important centre habité, doté d’une pieve, puis disparue.

Le monastère de Sant’Antimo existait en tous les cas en l’année 814 comme en témoigne un diplôme de Louis le Pieux qui enrichit l’Abbaye de dons et privilèges. À partir du Xe siècle, l’abbé du monastère est aussi Comte Palatin, charge publique de grand prestige conférée par l’empereur. Au IXe siècle, l’abbaye traverse des difficultés financières, au point qu’en 877 Charles le Chauve l’abandonne au dépens de l’évêque d’Arezzo, avec l’obligation de maintenir à ses frais 40 moines.

En 992, le pape Jean XV (985-996) émet une bulle par laquelle le monastère passe sous la juridiction directe du Siège Apostolique. L’année 1118 marque le début de l’apogée de Sant’Antimo. Le comte Bernardo degli Ardengheschi cède l’intégralité de son patrimoine en biens meubles et immeubles « in toto regno Italico et in tota marca Tuscie » à Ildebrando, fils de Rustico, afin qu’il la transfère à l’Abbaye. Le témoignage de cette donation exceptionnelle a été gravé sur les marches de l’autel comme « carta lapidaria » en souvenir pérenne de l’événement. L’abbé Guido (1108-1128) qui reçut la donation entreprit aussitôt les grands travaux pour la construction de la nouvelle église.

La période de splendeur maximale dure jusqu’à la perte de Montalcino, occupée par les Siennois qui contraignent l’abbaye à la signature d’un pacte par lequel est cédée à Sienne aussi la quatrième partie du territoire de Montalcino. Et c’est le 12 juin 1212. L’Abbaye commence son lent déclin. Confiée aux Guglielmites par le pape Nicolas IV (1288-1292) avec une bulle du 23 août 1291, elle connaît une brève reprise au cours de la période entre 1397 et 1404, jusqu’à sa suppression en 1462 par le pape Pie II (1458-1464) qui confie ses biens à l’évêque du nouveau diocèse de Montalcino et Pienza, créé le 13 août de la même année. Après le transfert de l’Abbaye aux propriétés de l’État en 1867, une longue période de restaurations s’ouvre qui sauvegarda l’édifice entier.

Les travaux, commencés en 1872 et terminés en 1895, ont amené l’église à son aspect actuel. En 1992, l’activité religieuse a repris grâce à l’arrivée des Chanoines Réguliers Prémontrés.

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Localita' San Antimo, 222, 53024 Castelnuovo dell'Abate SI, Italy

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TEL: +39 0577 286300

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  • Vendredi: 10:00 - 18:30
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  • Dimanche: 10:00 - 18:30

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  • Castelnuovo Abate (626 mt)

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